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Généalogie : comment retrouver un ancêtre soldat ?

comment retrouver un ancêtre soldat

Vous souhaitez retrouver un ancêtre soldat ? Pour reconstituer son parcours, il existe plusieurs solutions. Certaines ressources sont disponibles en ligne, pour d’autres vous devrez vous déplacer. Une chose est sûre : armez-vous de patience. La quête peut être longue mais passionnante, à condition de procéder avec méthode.

Listez toutes les informations que vous connaissez sur votre ancêtre soldat

Avant de vous précipiter sur les sites d’archives en ligne, commencez par lister toutes les informations dont vous pouvez disposer sur le parcours militaire de votre ancêtre :

  • Quelle est sa classe ? La classe correspond à l’année du 20e anniversaire du soldat. Par exemple, s’il est né en 1912 sa classe est donc 1932.
  • Dans quelle guerre a-t-il combattu ? 14-18, 39-45 ou des conflits plus récents : Indochine, Algérie…
  • A-t-il été fait prisonnier, a-t-il été blessé ou est décédé au front ou en déportation ?
    Dans quel département vivait-il au moment de sa mobilisation ?

Autant d’informations que vous pouvez collecter auprès de proches ou dans des archives personnelles. Mais il arrive parfois que vous ne disposiez que de peu d’informations.

Le minimum est de connaître le nom et le prénom de votre ancêtre, sa date de naissance et le département dans lequel il a été recruté. Si vous ne connaissez pas son nom, vous pouvez partir du descendant en ligne directe du soldat dont vous connaissez l’identité et la ville de naissance. Cela peut être son fils ou sa fille par exemple. Demandez son acte de naissance auprès de la mairie de son lieu de naissance. Cette démarche est gratuite et peut s’effectuer sur le site service public. Il faut demander une copie intégrale avec filiation pour obtenir l’identité des parents. Vous connaîtrez ainsi les noms et prénoms de votre ancêtre soldat. Ensuite plusieurs démarches sont possibles.

Les archives départementales

Première étape. Aller sur le site des archives départementales concernées. Presque tous les départements ont mis leurs registres militaires en ligne. Vous aurez souvent besoin de rentrer les noms et prénoms et la date de naissance, même approximative. En l’absence de documents numérisés, rendez-vous physiquement aux archives. L’accès est gratuit sur des plages horaires précises et vous pourrez reproduire les documents. Il n’est toutefois, en théorie, pas possible d’accéder à des registres militaires appartenant à un soldat dont la classe est inférieure à 100 ans. En 2021 vous ne pourrez accéder qu’à la fiche matricule d’un ancêtre né en 1901 et avant (classe 1921).

La plupart des archives autorisent la consultation des fiches matricules vieilles de moins de 100 ans. Vous devrez remplir un formulaire d’engagement de réserve dans lequel vous vous engagez à n’utiliser les informations qu’à des fins de recherche généalogique. Si le lien de parenté avec votre ancêtre ne peut être clairement établi, des documents d’état-civil peuvent vous être demandés. Par exemple, si vous recherchez votre grand-père, on peut vous demander votre acte de naissance et celui de votre père ou de votre mère.

Le site mémoire des hommes

Le site Mémoire des hommes liste des soldats de différents conflits mais seulement certaines catégories.

La première guerre mondiale

Votre ancêtre combattant devrait figurer dans ces inventaires s’il est mort au combat, s’il a été fusillé ou s’il faisait partie du personnel de l’aéronautique militaire. Pour les morts pendant le premier conflit, vous aurez accès à la fiche remplie par le corps d’armée donnant les informations suivantes :

  • Les noms et prénoms.
  • Le corps (régiment).
  • Le numéro matricule au recrutement similaire à celui que vous trouvez dans les registres militaires des archives départementales. Ce qui vous permet de croiser les données et d’être sûr qu’il s’agit bien de la même personne.
  • La date du décès et le lieu.
  • Les causes de la mort.
  • La date et le lieu de naissance.
  • La date de rendu de la décision de l’octroi de la mention Mort pour la France

Cette base ne recense pas tous les soldats. Beaucoup de poilus de 14-18 n’ont pu être identifiés, notamment au cours des combats les plus violents comme ceux de Verdun ou du Mont Kemmel en Flandres.

Pour les fusillés, la base en recense 1009 issus du dépouillement des archives des conseils de guerre. Pour les personnels aéronautiques militaires la base contient environ 54 000 noms. Le plus souvent des fiches nominatives assez succinctes comprenant l’identité du soldat, sa filiation et la personne à prévenir en cas d’accident.

La seconde guerre mondiale

C’est sans doute le conflit pour lequel les archives sont les plus prolixes. On accède ainsi aux fiches des militaires décédés au cours de la guerre. Les informations sont assez restreintes mais peuvent être recoupées avec le dossier militaire qui peut être consulté aux archives départementales ou au service historique de la défense (SHD) à Caen. Y sont indiqués l’unité, la mention Mort pour la France (ou l’absence de mention), la cause du décès et la cote sous laquelle le militaire est inscrit au SHD.

On peut également consulter quelques informations pour les morts en déportation : la date et le lieu de naissance, ainsi que la date du décès et le lieu (souvent un camp de concentration comme Buchenwald, Mauthausen ou Auschwitz-Birkenau). Donnée la plus importante : la cote sous laquelle vous pouvez retrouver le dossier de votre ancêtre au SHD. En revanche il n’est souvent pas précisé pour quel motif le prisonnier était présent dans un camp. Il peut s’agir de prisonniers de droits communs, de réfractaires au service du travail obligatoire (STO), de résistants ou de fusillés, ainsi que de juifs ou de tziganes. Est aussi consultable la base consacrée aux résistants et aux fusillés du Mont Valérien. Celle des résistants est riche de 600 000 noms. Les notices ne recèlent bien souvent que l’identité du résistant, sa date et son lieu de naissance et la famille de la résistance à laquelle il appartenait : FFI, FTP. Elles renvoient aux dossiers conservés au SHD de Vincennes ou de Caen en affichant leur cote.

Vous pourrez également retrouver un ancêtre ayant participé au conflit de la manière suivante :

  • Alsaciens-mosellans incorporés de force dans l’armée allemande, appelés les malgré-nous.
  • Personnels des forces aériennes françaises libres (FAFL).
  • Médaillés de la résistance française.
  • Engagés volontaires étrangers en 1939-1940.

Les autres conflits

Vous pouvez aussi retrouver les traces d’un ancêtre décédé lors de conflits plus récents comme l’Indochine ou l’Algérie. Seuls sont répertoriés les soldats ayant reçu la mention Mort pour la France. Les informations sont un peu plus détaillées : identité, date et lieu de naissance, âge lors du décès, date et lieu de décès, statut et armée, unité, lieu de sépulture. Même s’il faudra toujours solliciter le SHD pour obtenir des informations plus complètes.

Vous pouvez aussi accéder à des bases plus récentes recensant les militaires morts sur les théâtres d’opérations extérieures de 1905 à nos jours donc hors du territoire français, notamment au Levant et en Afrique du Nord pendant la seconde guerre mondiale. La base des sépultures de guerre peut également vous être utile. 700 000 noms y sont présents ce qui vous permet de retrouver le lieu d’inhumation de militaires, mais aussi de civils ayant accompli des actes de bravoure. Ces personnes reposent dans les nécropoles nationales, les carrés militaires des cimetières communaux et cimetières militaires à l’étranger. Outre l’identité, les dates et lieux de naissance et de mort du soldat – ou du civil – sont indiqués le lieu de sépulture, le type de sépulture (tombe individuelle ou non), le carré et le numéro de la sépulture.

Comment retrouver un militaire ayant servi avant la première guerre mondiale ?

Le site Mémoire des hommes contient aussi des registres matricules de soldats ayant servi de la fin du XVIIe siècle à 1909 pour certaines unités. Ce qui permet de retrouver un ancêtre ayant combattu lors de la guerre contre la Prusse en 1870-71 et ainsi de compléter l’histoire militaire de votre famille. Tout est classé par date et régiment et ne sont présents que les sous-officiers et les hommes de troupe. A ce stade, mieux vaut s’armer de patience et connaître le régiment précis est un plus pour gagner du temps. Si vous avez la chance de dénicher votre ancêtre dans cette montagne de documents vous obtiendrez les informations suivantes :

  • Les noms et noms de guerre.
  • Le lieu de naissance.
  • La date de l’enrôlement.
  • La date du décès au combat, du congé ou de la désertion.

Ce type de document n’est pas forcément aisé à déchiffrer. L’écriture est particulière et du vieux français peut être employé.

Le service historique de la défense

Le service historique de la défense (SHD) conserve l’ensemble des fiches matricules. C’est là que vous devez vous rendre si vous ne parvenez pas à accéder aux informations en ligne. La plupart des dossiers sont conservés à Vincennes, mais certains peuvent aussi se trouver à Caen ou à Pau. Pour accéder aux salles d’archives c’est gratuit. Créez un compte sur le site pour effectuer vos demandes. Il est possible de réserver une cote et de venir la consulter sur place. Vous avez aussi la possibilité d’enregistrer vos recherches. La recherche sur la plateforme du SHD n’étant pas forcément aisée, n’hésitez pas à consulter les guides de recherche.

Les Arolsen Archives pour les déportés

Bad Arolsen en Allemagne recèle la plus grande collection d’archives au monde répertoriant les victimes et les survivants du régime nazi. Si votre ancêtre a été déporté ou est allé travaillé en Allemagne lors de la seconde guerre mondiale, vous avez une chance de l’y retrouver. Soit dans les archives numérisées (en anglais) soit, à défaut de documentation numérisée, en demandant à l’équipe des Arolsen Archives d’effectuer une recherche pour vous. Ils sont très réactifs. Si votre ancêtre a été déporté dans un camp vous aurez accès à des informations assez précises : date d’arrivée, lieu de détention (bloc), date de décès ou de fin de captivité (souvent la date de libération du camp par les alliés).

Quelques conseils pour retrouver un ancêtre soldat

Partir d’informations sûres

Partez d’informations dont vous êtes certain. Une erreur sur un prénom ou une date de naissance peut vous entraîner sur une fausse piste. Gardez à l’esprit que la plupart de nos ancêtres avaient un deuxième prénom, il peut donc servir à identifier avec certitude une personne dans un registre ou une liste. Parfois le nom de famille est composé mais il n’est pas précisé dans tous les documents. Notez bien les informations mentionnées dans l’acte de naissance que vous avez reçu ou dans l’archive que vous avez consulté en ligne.

Commencer par les registres militaires

Avant de vous rendre sur les autres sites, commencez par les registres militaires. Vous y trouverez de nombreuses pistes pour approfondir vos recherches :

  • Les dates d’enrôlement et/ou de mobilisation pour les grands conflits.
  • Le ou les régiments d’affectation.
  • Les lieux de combats et les différentes périodes de combat.
  • Les blessures et les hospitalisations.
  • Les séquelles de guerre et notamment le versement d’une pension d’invalidité.
  • Les citations et récompenses comme la croix de guerre.
  • Parfois, des annotations sur le caractère du soldat : sa bravoure au front et son engagement par exemple.
  • Les antécédents judiciaires si le soldat a été condamné pour des faits civils ou criminels pendant son activité militaire ou hors d’elle.
  • Si votre ancêtre a été reconnu pour ses faits de résistance, il peut aussi y avoir des documents ajoutés par le commandement militaire dévoilant l’organisation de résistance, la période de service et, en cas de décès, si ce dernier a eu lieu en déportation, dans un maquis ou de manière générale à la faveur d’une action combattante.

Recouper les informations

Aussi extraordinaire que cela puisse paraître, il peut arriver que deux soldats soient nés la même année dans le même village et portent exactement le même prénom. Dans ce cas, le deuxième prénom, la date exacte de naissance et la filiation (identité du père et de la mère mentionnée sur l’acte de naissance) peuvent vous servir. Parfois, et malgré toute leur rigueur, les archivistes peuvent aussi se tromper, par exemple en agrafant une fiche de résistant à un soldat qui ne l’a pas été parce que l’identité et le village de naissance sont similaires. A vous de faire vos propres recoupements.

Ne pas présumer de ce que l’on va trouver

La réalité peut parfois différer fortement des histoires qui circulent au sein des familles. Au fil du temps, les récits peuvent être déformés, prendre une teinte plus ou moins positive, les dates varier… Certaines informations que vous allez découvrir peuvent potentiellement mettre à mal certaines mythologies familiales : un aïeul résistant qui ne l’était pas tant que cela, un ancêtre dont on sait qu’il est mort à Verdun mais dont on ne retrouve pas la trace. Ou encore un soldat mort en déportation mais dont personne n’a jamais mentionné l’existence. A vous de voir si vous êtes prêt à faire face à ce type de découverte et si vous souhaitez les garder pour vous ou les partager avec vos proches.

Plonger dans la généalogie militaire est une aventure passionnante. A condition d’être méticuleux et de recouper les informations pour mener à bien cette entreprise de longue haleine qui vous mènera sur les sentiers de l’histoire, l’intime comme la Grande.

Écrit par

Touche-à-tout de la rédaction, je suis tombée dans la marmite du journalisme il y a quinze ans. Après avoir exercé ma plume dans des thématiques aussi diverses que les faits divers, les sujets de société ou le sport, je me suis reconvertie dans le web et la rédaction web. Mes domaines de prédilection ? Le web, mais aussi le sport, l'assurance, la mutuelle ou encore l'immobilier. J'aime aussi écrire sur des sujets que je ne maîtrise pas pour le plaisir de la découverte. Bonne lecture et si mes textes vous plaisent retrouvez mes contenus prêts à publier sur Wriiters.

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