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Travail domestique et confinement, entre prise de conscience et inégalités

machine à laver

Appeler travail domestique les tâches ménagères alors qu’elles sont de plus en plus facilitées grâce aux progrès de l’électroménager, parler de charge mentale, pour beaucoup d’hommes, mais aussi, et c’est d’autant plus malheureux, de femmes, c’est un peu exagéré. Cependant, le confinement a été un vrai révélateur des inégalités. Ces inégalités concernent bien sûr les conditions de logement, ce qui a donné lieu à plusieurs polémiques, comme celle suscité par l’écrivaine Leïla Slimani par exemple, qui s’est vue reprocher son indécence lors de la publication de son journal de confinement dans Le Monde, mais aussi la répartition des tâches ménagères.

Le confinement a remis sur le tapis un débat autour du terme de travail domestique, né dans les années 1970 et issu du militantisme féministe. Fallait-il confiner les hommes et les femmes qui forment des couples hétérosexuels pour les mettre en face des réalités, provoquer une prise de conscience et ranimer le débat ?

Un travail domestique enfin visible

Le confinement et le temps passé à la maison ont rendu visibles toute une série de tâches ménagères qui s’effectuaient jusque là en silence, à l’abri des regards volontairement détournés. La préparation des repas, les devoirs, le ménage, la vaisselle, les courses, s’occuper des enfants sont devenus les nouvelles activités qui rythmaient le quotidien de nombreux couples, qu’ils soient en télétravail ou en chômage partiel. Si les accompagnements à l’école et aux diverses activités ont disparu du travail domestique pendant ces 55 jours, ce dernier semblait pourtant décuplé pour de nombreuses familles.

Dans les couples hétérosexuels, le confinement, en plus de mettre en exergue toutes ces tâches ménagères, a montré une inégalité encore importante dans leur répartition.

Une répartition des tâches ménagères en progrès

En 2004, la sociologue Michèle Ferrand notait une grande différence dans les couples et la répartition du travail domestique selon que la femme soit professionnellement active ou non. Ainsi lorsque la conjointe était inactive, l’homme se chargeait de 21,8% de ce dernier, tandis que si elle avait une vie professionnelle, la part de l’homme augmentait pour atteindre 35,1% en moyenne.

En 2020, selon un sondage de l’institut Harris Interactive pour le secrétariat d’État à l’égalité entre les femmes et les hommes, la part des femmes en couple affirmant se charger de la majorité du travail domestique est de 58%. Mais il reste encore du chemin à parcourir du côté de la prise de conscience chez les hommes puisque selon ce même sondage, seuls 33% d’entre eux sont conscients de laisser leur partenaire assurer la majorité des tâches ménagères et éducatives. C’est dans les tâches éducatives qu’il y a le plus de progrès à faire, en effet, alors que 56% des femmes aident davantage les enfants à faire les devoirs, 42% des hommes pensent que la répartition est parfaitement égalitaire.

Mais la charge mentale est de plus en plus lourde

peinture murale féminismeL’impression de ne faire que ça, les lessives, la vaisselle, le ménage, les enfants, de ne plus avoir de temps pour son activité professionnelle, de vivre la vie d’une femme des années 1950, certaines femmes ont vu leur charge mentale véritablement exploser pendant ce confinement.

« Tu as pensé à mes céréales/la lessive/les piles pour la télécommande etc. ? » Gérer sa journée mais aussi celle des autres, c’est ça la charge mentale. A cette définition s’ajoute l’impression de tout porter à bout de bras même lorsque l’autre cherche à aider. La question lancinante varie alors et devient « Où est l’aspirateur/sont les casserole/est le mixeur etc. ? » ou bien « Comment je coupe les légumes/je plie les T-shirts etc. ? » donnant l’impression à la femme qu’elle est la seule à s’occuper de tout ça d’habitude et de ne rien pouvoir totalement déléguer en toute sérénité.

Pour apporter un peu de légèreté avec un regard humoristique sur ce sentiment de charge mentale, je vous propose d’écouter cette chronique de Nora Hamzawi :

 

Selon le dernier rapport de l’Insee, les femmes passent en moyenne 1h34 par jour à s’occuper des enfants et 3h13 à effectuer les tâches ménagères dans leur ensemble, contre 43 minutes consacrées les enfants et 1h12 aux tâches ménagères pour les hommes. Cette différence s’explique souvent par le fait que dans 75% des foyers hétérosexuels, l’homme gagne mieux sa vie que la femme. Le travail de cette dernière est donc encore considéré à tort comme moins important.

Malgré cela, 95% des hommes et 80% des femmes interrogées se disent satisfaits de la répartition des tâches domestiques dans leur couple. Il reste donc encore du travail en terme d’éducation et d’évolution des mentalités pour faire admettre à la société que la valeur d’un travail ne s’estime pas qu’en fonction de sa rémunération, qu’il n’y a pas de tâches nobles et de tâches ingrates réservées aux femmes et que l’épanouissement de la femme peut se faire autrement qu’en s’occupant de son foyer et dans la maternité. Il est encore long le chemin !

Écrit par

Rédactrice Freelance et cavalière depuis des années, je partage ma vie entre mon clavier et mes chevaux. Lectrice, droguée à la radio, touche à tout, je m'intéresse à de nombreux domaines et j'adore me documenter sur tout type de sujets. Je milite d'ailleurs pour que les journées fassent plus de 24h ! Si vous souhaitez retrouver mes articles prêts à publier ou me passer commande pour un contenu sur mesure, rendez-vous sur Wriiters.

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