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Société

Les féministes et l’homme bien

Tu ne te considères pas comme un macho ou un dominant envers les femmes et tu ne comprends pas pourquoi elles sont en colère. Tu as peur, tu ne sais plus trop comment réagir, un peu comme la sensation d’être pris en otage. Dans un instinct de protection, tu fustiges les féministes responsables de tous tes problèmes, mais t’es tu seulement posé la question du pourquoi ? As-tu vraiment cherché à comprendre ? Si tu avais vraiment cherché à comprendre, tu te serais rendu compte que les féministes ne rejettent pas les hommes, mais la domination masculine et ça fait toute la différence. Laisse-moi t’expliquer pourquoi les femmes se rebellent et pourquoi tu dois les laisser faire.

 

Des lois pour les avilir toutes et dans les foyers les confiner

 

Il faut déjà comprendre qu’une femme qui milite ne le fait pas seulement pour ses droits, mais également pour les droits de toutes les femmes en général. À l’échelle de la planète où se pratique encore lapidation à mort, torture ou excision, autant te dire que la bataille est loin d’être gagnée. Tu peux donc comprendre, que ce sujet soit sensible et parfois déchaîne les passions, même si en soit tu n’y es pour rien, ton indifférence passera, mais pas les critiques de ce combat. Ceci étant dit, en France pendant des siècles, la vie des femmes a été régie par de nombreuses lois les empêchant de s’épanouir en tant qu’individu. Il est d’ailleurs assez étonnant de constater l’énergie considérable qui a été déployée par le patriarcat pour asservir les femmes, alors qu’il se vante de ne rien craindre de ses pauvres petites choses sans importance. Pourquoi faire autant de lois si on ne se sent pas menacé, c’est étrange non ? Pour que tu imagines mieux les entraves dont je te parle, je vais te donner quelques exemples de lois machistes qui étaient encore en vigueur au XXe siècle

 

En 1880, les filles ont enfin accès au collège et au lycée, mais là où les garçons étudient la science, la philosophie et la littérature, les jeunes filles ont des cours d’économie domestique, de couture et une leçon de morale. Quelle belle avancée, n’est-ce pas ! Ce n’est qu’en 1924 que les enseignements deviennent les mêmes et que les demoiselles peuvent enfin passer leur baccalauréat. Elles devront attendre 1938 pour prétendre aux études supérieures sans le consentement de leur mari. Il est tellement facile de traiter les femmes d’ignares lorsque l’on a soi-même veillé à leur illettrisme pendant des années.

 

Jusqu’en 1965, il était interdit aux femmes d’ouvrir un compte bancaire à leur nom ou de travailler sans l’accord de leur tendre époux. De même, elles n’ont obtenu l’autorité parentale que 5 ans plus tard, ce rôle revenant au “chef de famille”, ce qui est un peu risible lorsque l’on connaît l’implication des pères à cette époque dans l’éducation de leurs enfants. Te rends-tu compte de l’emprise que cela représente sur une personne ? Le tutorat masculin s’exerçait par le père et revenait ensuite au mari, comme si les femmes étaient des écervelées incapables de prendre des décisions. 

 

Crois-tu que les femmes pouvaient disposer de leur corps ? Évidemment que non ! En 1920, la contraception et l’avortement sont interdits et passibles d’emprisonnement et d’amende. Et comme si cela ne suffisait pas, notre brave maréchal Pétain qui obtient les pleins pouvoirs pour diriger la France en 1940, décrète en 1942 que l’avortement devient un crime d’État passible de la peine de mort. Ce n’est qu’en 1967 que les femmes peuvent disposer d’un contraceptif. Le 26 novembre 1974, Simone Veil prononce son discours pour la présentation de la loi légalisant l’IVG devant les 9 femmes et 481 hommes de l’Assemblée nationale. Elle entre en vigueur au début de l’année suivante. Imagine le courage qu’il lui a fallu pour accomplir cet exploit et réussir à convaincre une majorité d’homme.

 

 

La colère légitime des femmes contre la phallocratie

 

Je te vois venir, tu vas me dire que la condition des femmes s’est nettement améliorée en France, alors de quoi nous plaignons-nous ? J’attire ton attention sur les dates, même si je ne connais pas ton âge, la plupart de ces avancées en faveur des femmes ont eu lieu il y a moins de 100 ans. Tu peux en déduire que ces humiliations ont été subies par nos grands-mères, voire nos mères, c’est assez récent. Et surtout, tu n’es pas sans savoir qu’au-delà des lois, ce sont les mentalités qui doivent évoluer, l’émancipation de la femme doit encore faire son chemin. Bon nombres de conservateurs prônent encore la suprématie de l’homme sur la femme et les violences de toutes sortes sont toujours omniprésentes. Pour t’en rendre compte par toi-même, je te propose un petit test. Rends-toi sur un site de rencontre (j’ai bien dit de rencontre) et crée-toi un profil féminin classique, sans aucun sous-entendu et pour plus de réalisme ajoute la photo d’une amie. Tu prendras conscience que la bataille contre les discriminations et les violences faites aux femmes est loin d’être gagnée et que le mouvement féministe a encore du travail pour ancrer l’égalité des sexes dans les consciences

 

On piétine notre parole, on s’approprie notre corps, notre utérus, on décide des vêtements que nous devons porter, des métiers que nous pouvons exercer, on nous réduit au rang d’objet que l’on peut s’approprier ou troquer à sa guise. Et toi, tu voudrais nous empêcher de nous révolter ? Puisque tu es quelqu’un de bien et que tu n’as aucun problème avec les femmes, nous devrions la fermer et ne pas déranger ta petite vie ? Si c’est bien cela que tu penses, alors laisse-moi te dire que tu te fiches éperdument de ce qui peut arriver aux femmes. Qu’elles fassent ce qu’elles veulent, mais en silence, waouh quelle considération ! Et donc, nous devons te remercier de ne pas être un gros con ? Tu aimerais que les femmes fassent moins de bruit avec leurs problèmes parce que bon vous comprenez, moi, je n’ai rien demandé, saches que nous non plus, nous n’avions rien demandé.

 

Car finalement, le problème est là ! Tu ne fais pas partie de ces conservateurs qui tiennent à leurs privilèges de mâle dominant, toi, tu es un homme moderne. Bravo et après ? Tu estimes avoir fait ta part et donc tu pars du principe que les femmes devraient s’estimer heureuses ? Seulement et c’est bien dommage, le monde ne tourne pas autour de toi, les féministes ne sont pas en guerre contre tous les hommes de la planète, ne te sens pas visé ou agressé, mais tu dois faire un choix. Tu peux aider à changer les mentalités sur la condition féminine et puisqu’à priori, tu es quelqu’un de bien et de respectueux envers tous et toutes, tu seras parfait dans ce rôle. Sois solidaire et créons ensemble un monde où toutes les filles seront considérées comme des individus à part entière, libres de leur corps et de leur esprit, tu montreras l’exemple aux générations futures. Mais si tu n’as pas envie de t’investir pour une raison qui t’es propre et que nous respectons parfaitement, par pitié, arrête d’inverser les rôles et de te poser en victime persécutée par le féminisme. Les femmes ont des raisons d’être en colère et tu dois les laisser s’exprimer.

 

Accepterais-tu que le simple fait d’être un homme te renvoie à une position de dominé par rapport à une partie de la société qui se serait autoproclamée comme dominante ? Accepterais-tu que ces personnes décident à ta place de ta vie, de ce qui est bon pour ton corps, de ta profession, de ce que tu as le droit de dire ou de faire ? Bien sûr que non ! Tu serais fou de rage et tu te battrais pour tes droits, alors ne reproche pas aux femmes de le faire sous prétexte que tu ne te sens pas concerné par la question. Si tu fais cela, tu deviendras comme ces hommes que le féminisme combat, un mâle dominant qui se croit viril en imposant aux femmes de se taire et d’obéir.

 

Tu as compris en tant qu’homme bien que finalement les féministes ne te veulent pas de mal et que tu dois les laisser se battre pour leurs droits. Tu souhaites faire évoluer les mentalités ? Alors apportes ta contribution en publiant les articles traitant du sujet disponible à la vente sur Wriiters.

Écrit par

Raisonnable émotive, désespérément optimiste, combattante pacifiste, je suis faite de paradoxe. Et oui, la vie est pleine de nuances, autant en profiter. Rédactrice Web depuis quelque temps, j’avais envie de partager avec vous des coups de foudre, des coups de gueule et des coups de rire. Devenez les lecteurs d’astuces révélatrices, de conseils en tout genre toujours avisés ou encore d’histoires captivantes avec pour seul mot d’ordre le plaisir. Ma plume vous plaît ? Retrouvez mon profil et mes contenus prêts à être publiés sur votre site Web disponible sur Wriiters.

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