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Covid-19 : expérimentation de la société 100 % digitale et de ses dérives

Le confinement a modifié les rapports sociaux

S’il avait fallu une crise pour donner un aperçu de la future civilisation, le covid nous en a fait profiter. Pour pallier le manque de vie sociale, ruée sur les réseaux sociaux et autres moyens digitaux de communiquer. Si la réaction est humaine, force est de constater que les pratiques sont bien loin des interactions nécessaires pour les individus.

Du narcissisme exacerbé à la sur-expression de soi

Dans des situations d’isolement, les réseaux sociaux semblent pousser les utilisateurs à chercher encore plus de reconnaissance. Derrière les posts et les interventions se cachent bien souvent le besoin d’affirmer son existence. Les comportements se transforment au point que la plupart des phrases reviennent finalement à un « moi je » incessant. Comme si dans cette toile immense, le seul moyen d’être était de rappeler son existence.

Entre les hommes persuadés que montrer leur virilité pourrait changer les choses et les internautes convaincus que leur personnalité n’est pas assez intéressante, la civilisation 2.0 représente bien des dangers. L’Homme ne sait plus comment se situer, comment survivre face à de nouvelles règles.

L’image de soi se transforme puisqu’à aucun moment l’individu ne peut se référer au regard des autres. Il doit imaginer, anticiper et parfois, même bien souvent il se trompe. Alors il cherche à faire encore plus, à être présent partout, sur tous les fronts pour devenir incontournable. En sera-t-il plus populaire ? Certainement pas car le problème est le même pour tous.

Les relations entre individus pendant le confinement se font sur les réseaux sociaux

De l’être au paraître

Les réseaux sociaux multiplient les interactions. Si cette invention a des avantages pour entrer en relation avec le monde entier, il crée également des frustrations énormes. Dans la masse d’individus, tous ne font pas l’unanimité. Alors pour sortir du lot, il faut exagérer le trait, se réinventer.

Exit la vraie personnalité, le moi profond avec ses qualités et ses défauts. Non, la société digitale exige bien plus. On joue alors les héros, les personnes parfaites que tout le monde admire. Tellement facile de se créer un personnage dans le monde digital que ceux qui s’y risquent en oublient leur propre réalité.

De l’exagération à la mythomanie maladive il n’y a qu’un pas. Pourtant nul n’est dans l’obligation de fonctionner de la sorte mais difficile de naviguer en mode digital pour ceux qui n’ont pas encore fini la quête de leur personnalité dans le monde réel. Alors on teste, et si ça accroche on poursuit dans cette voie. Quitte à oublier qui on est en réalité !

La montée de l’agressivité et de la violence

Ce nouveau mode d’expression génère bien entendu des comportements peu sympathiques. Les groupes réunissent bien souvent des personnalités violentes et agressives. Sous une thématique pourtant grand public, certains individus veillent à dispenser leur haine de l’autre. Or, le jugement de la collectivité n’est pas le même sur les réseaux sociaux. Les voix ne s’élèvent pas toujours pour condamner ce genre de comportements.

Bien au contraire, le mécontentement et l’envie d’en découdre prennent le dessus. Tellement plus facile de se réunir autour d’un ennemi commun que de reconnaître ses propres failles. Alors ces groupes se développent. Le confinement y participe d’ailleurs puisqu’ils ont tout le loisir de se retrouver.

Les règles de communication ont changé et le monde digital crée des dérives

Solidarité et égoïsme deux continents distincts

Dans ce nouvel univers où les interactions sont infinies, deux mondes sont en train d’émerger. Les solidaires cherchent avant tout à se rendre utiles. La prise de conscience des besoins des autres génère une immense chaîne de solidarité. Services rendus, messages d’encouragements, nouvelles amitiés et astuces pour survivre à cette période complexe sont ainsi partagés. De quoi avoir foi en l’humanité et à son évolution.

Mais il ne faudrait pas oublier l’autre versant de la montagne. Cette humanité du chacun pour soi, du moi d’abord qui sort encore plus de l’ombre. Si l’individualisme était un trait de notre société, la civilisation 2.0 pourrait encore plus le développer. Et parmi les expressions favorites de ces habitants, les plaisirs égoïstes dont ils profitent pendant cette crise. Inutile de leur faire remarquer, les réponses seront certainement empreintes d’excuses en tous genres, de besoins de se faire du bien…en oubliant certainement la pyramide de Maslow au passage ou en la piétinant purement et simplement.

Et l’humain dans tout ça ?

Il résiste encore, à certains endroits, cherchant le contact authentique, les véritables échanges. Mais on lui rappellera à maintes reprises que le virtuel ce n’est pas pareil. Alors il repart dans sa sur-socialisation pour espérer tirer quelque chose de tout ça. Pour se rassurer aussi, car ces nouveaux rapports humains pourraient bien être ceux de demain. Mais il devra combattre sa propre image de la société digitale pour en faire émerger une nouvelle !

Écrit par

Femme de convictions, sociologue passionnée par la société et les comportements humains, j'aime rédiger sur les thèmes qui s'y rapportent. Immobilier, écologie, santé, société ont donc mes faveurs. Affûtant mes armes de professionnelle de l'écriture depuis des années, j'aime participer à la réussite de mes clients mais aussi dénoncer ou déranger. Entre deux textes, je dépose ma cape de super-rédactrice pour adopter le costume de la fan inconditionnelle de séries et de fromages. Retrouvez mes articles prêts à être publiés sur vos sites ou passez-moi commande sur Wriiters

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